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mardi, décembre 1

Jake vs Paul…

Comme j’ai pu déjà l’évoquer, la qualité des nuits parisiennes semble en hausse ces derniers temps. Même si certains esprits chagrins demanderont « mais où sont les we love d’antan ? », des vendredis comme celui qui s’annonce sont source de dilemmes.

Si l’on peut faire l’impasse sur Robert Hood au Rex, voir refuser de descendre voir Henrik Schwartz chez Régine, sachant qu’en temps normal ces deux là mériteraient toute notre attention, comment trancher entre Paul Kalkbrenner au Social Club et Fairmont au Showcase ? Leurs sidekick d’un soir, respectivement Scratch Massive et Chloe sont de qualités et passent suffisamment souvent dans nos échoppes locales pour ne pas être un facteur. L’Allemand et le Canadien (qui est tout de même lui aussi installé à Berlin) sont tous deux passer maître dans l'art délicat du live. On aperçoit plus souvent Fairmont sur la place de Paris mais mon petit doigt me dit que les dix ans d’une certaine soirée sur une certaine Péniche nous prépare déjà un second passage du Paulot. Ce dernier achève sa tournée Berlin Calling, album et film hautement recommandable, alors que Fairmont prépare probablement son prochain LP, le dernier ayant déjà une paire d’années derrière lui. Bref rien ne les sépare, si ce n’est le lieu.

Et entre le beau mais froid, et souvent mal sonorisé, Showcase et la cave futuriste du Social Club, le choix est en revanche plus facile. C’est donc Paul Kalkbrenner que j’irais voir vendredi, non sans un pincement au cœur. Et en espérant que quelqu’un pensera à inviter Fairmont à Paris au printemps.

Pour le coup, écoutons le dernier Fairmont figurant sur la compil des 10 ans de Sender records, qui devrait quand même bien sonner sous le pont.

mercredi, novembre 25

Un bon gonzo

Gonzales, le pianiste canadien polymorphe, ex-Berlinois, Parisien depuis quelques années, aime toujours resurgir là où on ne l’attend pas. A tel point que ce n’est presque plus une surprise. Après avoir donné des leçons de piano, s’être transformer en improbable crooner sur son dernier album, et en attendant que ses mains ne se substituent à celle de Gainsboug sur grand écran, il rend la monnaie de leur pièce à Erol Alkan et Boys Noize, qui ont toujours bien aimé passé derrière ses morceaux, en s’attaquant au piano à leur récent Waves.
Dans un exercice où Francesco Tristano est passé maître, Gonzo s’en sort plutôt bien sur un original sympathique mais limité.
Malgré toute la sympathie que le personnage de Gonzales m’inspire, je ne me suis jamais senti obligé de le suivre dans tous ses délires. Mais sur celui là j’adhère.

mercredi, novembre 18

Je vis toujours des soirées parisiennes

Rassurez-vous tout de suite, il ne s’agit pas d’un post pour crier mon amour de Louise Attaque… mais plutôt d’une réflexion sur un paradoxe porté à mon attention vendredi dernier. D’un côté, un cri s’élève, accompagné d’une pétition ad hoc : Quand la nuit meurt en silence… et dans le même temps un camarade globe trotter qui vient de se réinstaller à Paris après des années passées dans d’autres capitales européennes me signale que de nombreuses connaissances extra-françaises s’installent ou parlent de s’installer à Paris, notamment en arguant que la nuit parisienne est attractive, que Londres-ma-bonne-dame-c’est-plus-ce-que-c’était. Où est la vérité ?

Il est difficile d’être objectif en la matière. La tradition française d’herbe plus verte ailleurs et de complexe d’infériorité en matière de vie nocturne pousse immanquablement sous-estimer ce qui se passe ici. Le coût de la vie, le pouvoir en place et les orientations préfectorales subséquentes (souvenons-nous qu’il fut interdit de danser dans les bars pendant quelques semaines il y a un an de cela) n’aident certes pas. Et il semblerait que si la côte de Paris monte, c’est plutôt du fait d’une baisse de Londres ou de l’Espagne. On reste tout de même loin de l’exaltation des nuits berlinoises (merci à Raoult d’assurer la promotion de ce blog en me rappelant à mon devoir de réserve).

Toutefois il existe bien des signes positifs. Les endroits pour faire la fête ne manquent pas, et le monde de la nuit confie de plus en plus souvent à des collectifs compétents la programmation des soirées (Bataclan, Régine, Social Club, Bellevilloise, Showcase… j’en passe et des meilleurs). Dans une nuit où le Rex tenait souvent lieu de seule lumière et les soirées We Love de grande messe, chaque week-end apporte désormais son lot de soirées alléchantes et de dilemmes déchirants (vendredi 4 décembre : Kalkbrenner au Social ou Fairmont au Showcase ?). La réouverture de la Flèche d’or est un bon symbole de tout ça. Après une longue fermeture administrative, la gare préférée des noctambules rouvre ses portes prochainement, preuve que malgré les contrariétés l’envie est toujours là (et le public aussi).
On peut rajouter que de plus en plus de bars misent sur la musique jouée par des DJ pour attirer le chaland (nous en sommes la preuve vivante) et qu’en soi, la pétition évoquée plus haut est un joli signe de « fédération » de la nuit parisienne, d’autant plus qu’elle a déjà recueilli 7000 signatures. Bref, ce qu’il se passe actuellement passé minuit dans la capitale est effectivement plus intéressant que ce que notre propension naturelle à nous plaindre nous autorise à avouer.

En espérant que ce n’est qu’un début !

PS : en parlant de début, nous inaugurons ce soir de 21 h 00 à 2 h 00 les caves de l’Adresse, un nouveau lieu qui fait lui aussi le pari de la musique. Pour plus de détails

jeudi, novembre 5

Das ist Minimale !

La minimale a mauvaise réputation. Après des années triomphantes, la fête semble finie. Il faut dire qu’elle l’a bien cherché avec les productions aux kilomètres sans nerfs qui ont une fâcheuse tendance à envahir les bacs. A tel point que c’est devenu synonyme de musique chiante et que j’ai souvent droit au moment de prendre mon tour de garde aux platines dans le crew Clichey a des « Milos, déconne pas… pas de minimale, hein ! » La mauvaise réputation de la minimale finit même par déteindre sur moi.

Pourtant la minimale, musique qui par essence est faite pour être mixée, m’a offert quelques uns des meilleurs DJ sets auxquels j’ai pu assister. Elle joue également un rôle capital de défrichage dans le travail du son qui paye déjà dans des productions plus « abordables ». Enfin, quand elle est ciselée avec finesse et amour, elle est jubilatoire dans la façon d’envoûter l’oreille avec trois fois rien.

J’en veux pour preuve ce morceau de Hubble, ode aux petits matins brumeux du Club der Visionaere de Berlin.
(les amateurs éclairés ne manqueront pas de remarquer l'entrée parfaite du pieds au bout de deux minutes pile)

mardi, octobre 27

L'appel de Berlin

Ce week-end, j’ai enfin réussi à mettre la main sur Berlin Calling. Il s’agit d’un film sorti depuis quelques mois sur un DJ berlinois au bord de la crise de nerf interprété par Paul Kalkbrenner. Si Berlin Calling n’évite pas certains clichés faciles, qui correspondent tout de même à une réalité (drogue, psychiatrie…), il les traite avec une certaine finesse. Ajoutons à cela une BO remarquable, des images de Berlin ancrées dans le réel – avec force de détours par Berghain et feu le Bar 25 – et, surprise, un excellent jeu d’acteur de Paul Kalkbrenner, bien épaulé par le reste du casting, et nous avons bel et bien un bon film « générationnel » qui ne chausse pourtant pas les gros sabots inhérent à ce genre.
L’électro semble d’ailleurs devenir un objet de cinéma, avec la présentation d’un documentaire sobrement appelé Villalobos à la dernière Mostra de Venise et l’adaptation prévue de la bio de tonton Garnier sur grand écran.

En attendant, je vous propose de jeter un coup d’œil sur l’ouverture de Berlin Calling, au rythme de l’Altes Kamufel de Paul Kalkbrenner, qui pourrait bien vous donner envie.



Notez que Paul Kalkbrenner sera au Social Club le 4 décembre (et sur la BO de Berlin Calling ça devrait valoir le coup...)