Matias Aguayo se frotte enfin à l’exercice délicat de l’album. Le Colombien qui réside désormais à Paris s’était fait un nom avec une ritournelle électro latine et chaleureuse sur l’incontournable compil’ Kompakt Total, neuvième du nom, à la rentrée 2008 prophétisant la fin de la minimale : « Cuz that music got no groove, got no balls, no me hace PUMPIN' PUMPIN' PUMPIN', porque yo quiero bailar, con un ritmo, mas nocturno, mas profundo, mas sensual, BASTA YA DE MINIMAL ! ». Ce morceau faisait écho au Save the World de Supermayer, comme un manifeste pour l’électro élégante que le label de Cologne a toujours prônée, aussi loin de la minimale kilométrique obscure que des turbines juvéniles des Boys Noize et autres Justice. Avec une certaine logique, Matias sifflait la mi-temps, lui qui dans une précédente incarnation comme membre du duo Closer Musik, avait offert l’une des plus belles perles minimalistes avec Maria.
Depuis la rentrée 2008 donc, le Colombien occupe le terrain avec force de maxis, dont l’irrésistible Walter Neff, et des lives endiablés où il se multiplie tant au chant qu’à la flûte à bec. La conclusion logique de cette suractivité se devait d’être un album. C’est désormais chose faite avec la sortie de cet Ay Ay Ay touffu, bordélique, donc exigeant et par conséquent intéressant. Le morceau Rollerskate est la porte d’entrée aboutie pour pouvoir se plonger dans les dissonances et contretemps chaleureux des autres tracks. Bref, un album-miroir de ce qu’est le Colombien, qui mérite de prendre son temps.
Et pour ceux qui veulent aller voir l’homme en action, nos amis de Webecome vous propose de descendre chez Régine le vendredi 11 décembre.
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vendredi, novembre 27
jeudi, novembre 5
Das ist Minimale !
La minimale a mauvaise réputation. Après des années triomphantes, la fête semble finie. Il faut dire qu’elle l’a bien cherché avec les productions aux kilomètres sans nerfs qui ont une fâcheuse tendance à envahir les bacs. A tel point que c’est devenu synonyme de musique chiante et que j’ai souvent droit au moment de prendre mon tour de garde aux platines dans le crew Clichey a des « Milos, déconne pas… pas de minimale, hein ! » La mauvaise réputation de la minimale finit même par déteindre sur moi.
Pourtant la minimale, musique qui par essence est faite pour être mixée, m’a offert quelques uns des meilleurs DJ sets auxquels j’ai pu assister. Elle joue également un rôle capital de défrichage dans le travail du son qui paye déjà dans des productions plus « abordables ». Enfin, quand elle est ciselée avec finesse et amour, elle est jubilatoire dans la façon d’envoûter l’oreille avec trois fois rien.
J’en veux pour preuve ce morceau de Hubble, ode aux petits matins brumeux du Club der Visionaere de Berlin.
(les amateurs éclairés ne manqueront pas de remarquer l'entrée parfaite du pieds au bout de deux minutes pile)
Pourtant la minimale, musique qui par essence est faite pour être mixée, m’a offert quelques uns des meilleurs DJ sets auxquels j’ai pu assister. Elle joue également un rôle capital de défrichage dans le travail du son qui paye déjà dans des productions plus « abordables ». Enfin, quand elle est ciselée avec finesse et amour, elle est jubilatoire dans la façon d’envoûter l’oreille avec trois fois rien.
J’en veux pour preuve ce morceau de Hubble, ode aux petits matins brumeux du Club der Visionaere de Berlin.
(les amateurs éclairés ne manqueront pas de remarquer l'entrée parfaite du pieds au bout de deux minutes pile)
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